Le roman de la Planète des singes

9782266138604FS.gifOn sait que la célèbre série de films sur la Planète des singes est inspirée d’un roman français de Pierre Boulle, dont le ton est beaucoup plus drôle; mais il est également chargé d’amertume, et le personnage principal n’est pas plus sympathique que l’arrogant Taylor du film de Schaffner: Ulysse Mérou est gonflé de fatuité, et constamment essaie de montrer sa supériorité d’homme civilisé, mais sans réellement y parvenir: il est toujours rattrapé par ses instincts les plus primitifs.
 
La satire est très présente, dans le livre, car les singes de la planète lointaine atteinte par Ulysse Mérou ne font que répéter à l’infini les discours et les concepts créés jadis par les hommes, qui les ont précédés: ils se contentent de combiner d’une façon faussement nouvelle de vieilles lunes. Or, avec beaucoup d’ironie, Boulle fait dire à son héros qu’au fond, les hommes ne sont pas réellement différents, qu’eux aussi passent tout leur temps à s’imiter les uns les autres, comme des singes!
 
La différence essentielle avec le film est que les cosmonautes se rendent réellement sur une planète du système de Bételgeuse. Même si le temps a passé plus vite sur Terre que pour eux, il s’agit d’une planète distincte. Cependant, l’ironie suprême est qu’en retournant sur Terre après des siècles d’absence, à cause du décalage temporel, Ulysse Mérou peut constater que même si la Tour Eiffel est toujours intacte, la Terre a suivi la même évolution que l’autre planète: des singes habillés en militaires l’accueillent.
 
Pierre Boulle se gausse de la prétention à la nouveauté que les Occidentaux et en particulier les Français manifestaient continuellement de son temps. Comme disait Gérard Klein (l’auteur de science-fiction), l’avant-garde est une ruse de la classe bourgeoise pour faire croire à son renouvellement: en vérité elle se répète, parce qu’elle entend perpétuer sa domination. Mais il faut avouer que la science-fiction aura été un genre réellement nouveau, repartant des figures créées par la science moderne pour les réinvestir de charge symbolique, et créer des mythes. Cependant, elle appartient plutôt aux genres populaires.
 
On doit ajouter à ce tableau que sur la planète lointaine, les hommes sont nus, et d’une beauté sidérante, est dans ce cas en particulier Nova, l’amie d’Ulysse Mérou, qui a le même nom que l’amie de Taylor dans le film: à l’écran, cette nudité n’a pas pu être conservée, non plus.

Commentaires

  • ce livre est vraiment très bien et j'ai eu la chance de le connaitre au collège grâce a un professeur de français comme quoi l’école ne nous fait pas lire que des navets comme la fée carabine !

  • Oui. Je l'ai moi-même fait lire à mes élèves.

  • j'ai adoré ce film cependant avec le recul je me dis en écoutant certains partis politique,tiens revlà les maitres pour attacher les citoyens entre eux afin de mieux les manipuler et les domestiquer
    Ces singes ont on s'en doute dû donner des idées de manipulation mentale a beaucoup d'autres comme les fondamentalistese autres groupes sectaires et même à des politiciens usant et abusant de lavage d'idéaux cérébraux afin de mieux intoxiquer et davantage que la fumée nos neurones

  • A mon avis, ces idées ont précédé le film, qui n'a fait que les répercuter et les montrer au public dans un but satirique. Qu'il en soit à l'origine ne me paraît pas très vraisemblable. Sa force vient justement de ce qu'il dénonce une dérive qui existait déjà lorsqu'il est sorti, et dont peut-être on n'avait pas pleinement conscience. Mais on ne doit pas l'accuser d'avoir inventé la chose, parce qu'il s'est contenté de la révéler.

  • je partage sur les reseaux sociaux cette actu parce que c'est sûrement un site étonnant

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