CXXXIII: l'ouverture de la porte rocheuse

dwarves_by_jubjubjedi-d7jggk0.jpgDans le dernier épisode de cette série étrange, nous avons laissé le Génie d'or alors que, de son bâton magique, il envoyait des feux dévastateurs contre des zombies qui l'attaquaient, sans pouvoir pour autant empêcher leur inexorable avance.

Il arrêta brusquement de faire tourner sa baguette cosmique d'or, et se figea. Surpris, jusqu'aux morts-vivants s'arrêtèrent aussi. Le Génie d'or ferma les yeux, ainsi que l'assombrissement de la fente bleue de son heaume le montrait. Il priait. Il appelait à l'aide ses amis lunaires. Ou d'autres êtres inconnus.

Or, il se passa alors quelque chose d'extraordinaire. Lentement, étrangement, silencieusement, une porte s'ouvrit dans la paroi rocheuse de la grotte, à droite du Génie d'or. Elle glissa en biais dans la pierre même, et personne ne l'avait jamais vue, sans doute, car les démons de Fantômas tournèrent vers elle leurs yeux, et s'étonnèrent. Si les zombies ne détournèrent pas leur regard vide et aveugle du Génie d'or - qu'ils ne fixaient d'ailleurs pas réellement, seul leur corps étant tourné vers lui -, ils n'en demeurèrent pas moins figés dans leur marche, comme si l'esprit qui les animait, lui-même étonné, pouvait, à distance, distinguer ce prodige. Des hommes armés, revêtus de hauberts étincelants, et avec à la main des épées et des boucliers brillants, apparurent à la porte et, au cri de Dorlad!, se jetèrent sur l'ennemi, qui sur les monstres en retrait, qui sur les zombies en pointe dans l'attaque contre le Génie d'or.

Qui étaient-ils? Ils étaient les elfes de la Seine, ou de la terre dont elle a fait son lit, et leur petite taille indiquait qu'ils étaient liés au règne minéral, même s'ils n'avaient rien de minuscules; ils étaient juste semblables à des hommes petits. Ce peuple, dans la langue des génies, se nommait Opaldur, ce qui signifie souffles de la chaux, si orc_king_by_manzanedo-dax4vgc.jpgon peut traduire un tel mot, issu d'une langue d'immortels. Communément, les hommes les appellent aussi des Nains.

Leur âpreté était grande et, parmi eux, on voyait un guerrier couronné, ayant au front un cercle d'or, qui se dépensait plus que les autres, luttait avec acharnement. Ce peuple était connu pour détester les êtres sortis au jour par Fantômas, et issus de races démoniaques diverses, toutes maudites, à des degrés différents, toutes corrompues, quoique leur mauvaiseté eût des caractères dissemblables selon les cas.

Avec leurs armes fulgurantes, ils découpaient les zombies plus vite que ceux-ci ne pouvaient s'en rendre compte - et rares sont les Opaldurs qu'ils purent saisir et tuer, en les déchirant de leur force terrible. Même ceux qu'ils saisissaient étaient rapidement défendus par leurs frères, et la bourrasque de leur venue eut tôt fait de réduire les zombies et de les changer en un tas de boue immonde, puante et sanglante, et de faire fuir les monstres qui avaient auparavant attaqué le Génie d'or, et se tenaient en retrait.

Ils les poursuivirent quelque temps dans leurs souterrains, mais n'osèrent pas aller très loin, car la forteresse de Fantômas était proche, et ils savaient qu'il avait des armes redoutables, qu'ils ne pouvaient dominer qu'en menant un assaut ordonné et ensemble, peut-être soutenus par la puissance du Génie d'or, qu'ils aimaient et respectaient.

Mais il est temps, chers lecteurs, dignes lecteurs, de laisser là cet épisode, pour renvoyer au prochain, pour ce qui est d'expliquer la venue inattendue de ces valeureux Nains.

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