Le temple caché de Rennes-le-Château

00000.jpgOn a cherché, paraît-il, dans la colline de Rennes-le-Château, sous l'église, les restes d'un temple enfoui, dédié au Soleil invaincu. On n'a rien trouvé. On a dit aussi que le Graal y était, comme Maurice Magre l'a fait pour Montségur.

Il y a ici deux choses, que je crois qu'il faut bien distinguer. Contrairement à ce que croient peut-être certains, les temples cachés sous les églises sont en réalité très communs, très ordinaires, on peut en visiter, et les Genevois le savent parfaitement, puisque sous la cathédrale Saint-Pierre de leur ville, des fouilles ont été faites, qui ont permis d'établir l'existence, antérieure à l'église, d'un temple païen datant des Allobroges – les fameux Celtes du lieu.

Cela n'a rien de fantastique, on peut même voir les restes du dieu vénéré: on a découvert le squelette d'un homme, dont ce temple était en fait le tombeau. Adéquatement, les archéologues ont appelé cet homme un 000000000000000000000000000000000.jpghéros: il était probablement assimilé au fils ou à l'incarnation d'un dieu, ou en tout cas était monté au ciel après sa mort, à la façon d'Hercule ou d'Énée.

On a construit la maquette du petit temple, et on peut y comprendre aisément comment on y procédait aux sacrifices et aux fumigations – dans lesquelles le visage du héros apparaissait, et guérissait ou guidait les vivants, comme le font tous les dieux.

Vraiment, quoi d'étonnant à cela? Il ne faut pas à cet égard manquer de science historique. Car tout le monde peut visiter ces fondations de la cathédrale genevoise, et voir de ses propres yeux tout ce que je viens de raconter.

Ce qui est ici étonnant, c'est la simplicité de la chose: son évidence. Les temples antiques étaient des tombeaux érigés pour des hommes qui avaient incarné des dieux, et qui après leur mort créaient un lien entre le ciel et la 0000000000.jpgterre. Peut-être même ce héros allobroge avait-il incarné une entité solaire, de telle sorte que le temple genevois était voué au soleil – pourquoi pas? Saint Pierre, qui l'a remplacé, était bien solaire aussi – en tout cas il tenait en main les clefs d'or du ciel.

On m'a dit, également, que le temple caché de Rennes-le-Château s'étirait en souterrains mystérieux. Mais là encore, rien de sensationnel: la colline de Chartres, en Beauce, en est remplie, juste sous la célèbre cathédrale – dont l'importance est attestée, puisque Chartres est issue de la tribu des Carnutes, dont la forêt abritait la réunion annuelle des druides gaulois. Ils se rassemblaient probablement où se tient aujourd'hui la cathédrale – peut-être logeaient dans les souterrains retrouvés, où leurs mystères en ce cas se déroulaient. Je ne sais pas si on peut les visiter, car je n'y suis pas allé, j'ai seulement lu cela dans un livre.

Quant au Graal, il ne faut pas s'y tromper: ce qu'on peut comprendre de ce qu'il est ne se ramène à rien de prosaïque, ni de physique. Richard Wagner, en le plaçant à Montserrat, en Catalogne, le disait sis dans une dimension parallèle, dans laquelle le temps se fait espace. C'est le monde astral. Il est lié à un lieu, mais en un autre sens n'a pas d'étendue propre, est utopique. On ne peut pas le toucher avec les mains. Il brille dans le cœur de l'homme, et se cristallise ici ou là dans le rayonnement stellaire. Il n'est pas ce que certains ont dit. Il n'a rien de matériel, ni de charnel. Il est autre chose.

Peut-être est-il dans l'inventivité du décor de l'église de Rennes-le-Château – et, en ce sens, dans les profondeurs de l'âme de l'abbé Saunière, ou de la colline où il vivait. Mais je ne crois pas qu'on puisse le trouver en creusant. La commune de Rennes-le-Château n'a pas eu tort d'interdire en son sein les fouilles sauvages, comme elle l'a fait.

Commentaires

  • Le trésor de Rennes-le Chateau existe, c`est les droits d`auteur des flopées de bouquins qui font fantasmer les chasseurs de trésors.

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