CLXXVI: la défaite du robot vert

000000.jpgDans le dernier épisode de cette geste insigne, nous avons laissé notre héros, le Génie d'or, gardien secret de Paris, alors qu'il venait d'apparaître clairement, pour la première fois, à une troupe de Parisiens amassés sur les ponts et les berges de la Seine.

Et quand cet être parut, il importait peu de connaître réellement sa nature – s'il était un surhomme du futur qui, par des moyens techniques inconnus, avait remonté le temps et maintenant volait dans les airs comme s'ils étaient pour lui de l'eau; s'il était quelque ange revêtu d'une combinaison, pour mieux se rendre visible aux simples mortels; ou s'il était un de ces génies antiques, gardiens des cités, ayant pris l'apparence d'un héros de bande dessinée. Tout ce qui importait, c'est qu'en le voyant parcourir le ciel parisien, et laisser derrière lui une traîne d'étincelles dans un flux vert, on retrouvait l'espoir, l'enthousiasme, l'amour pour l'humanité et le monde – et que Paris, enfin, renouait avec sa propre âme!

Mais pour le Génie d'or, la tâche était loin d'être achevée – les sacrifices loin d'être tous accomplis. Et son élan le porta, en effet, vers le robot vert de Fantômas, mais le maintenant dans l'air avec prudence, afin d'éviter, cette fois, la mauvaise surprise d'un coup inopiné. Sa course étant plus lente, lorsque les antennes du robot lui signalèrent sa présence et l'amenèrent à allonger la main pour le frapper comme il avait fait précédemment, le Génie d'or effectua soudain un cercle rapide pour l'éviter, puis s'élança vers le crâne lisse et poli de la machine humanoïde, pour, dans sa rage, le briser d'un seul coup de son puissant bâton cosmique.

Une gerbe d'étincelles jaillit de la faille ainsi créée, puis une fumée noire cracha ses volutes, et, après avoir tremblé et titubé, d'un seul coup le robot s'écroula. De nouveau de la tête défoncée surgit un hideux gnome, mais cette fois le Génie d'or – Solcum le Preux – était prêt. S'abaissant jusqu'au sol il plaça ses pieds devant lui, et, se mettant en garde, attendit de voir si ce petit être mou disposait d'importants pouvoirs.

Or, sous ses yeux, le nain se transforma en un serpent extrêmement vif, dont les yeux brillants étaient rouges. Avant qu'il n'eût eu le temps de réagir, le monstre enroula ses anneaux sur sa cuisse, monta le long de son corps, puis, de sa bouche effilée qui avait pris la forme d'un bec, il asséna un violent coup au ventre protégé de Don 00000.jpgSolcum. Deux de ses mailles sautèrent, et un trou se fit dans la peau du Génie. Il jura, et une eau de lumière surgit, s'écoulant de la plaie. Car, nous l'avons déjà vu, de telle sorte était son sang.

Le chevalier de la Lune prit le serpent dans la main gauche, et pressa sa gueule de ses doigts puissants; il lui ordonna aussitôt de reprendre sa forme de nain, et de se soumettre à lui. Mais le serpent ne fit que siffler, et cracher un venin qui, au contact de la cuirasse dorée du Génie, fuma et dégagea une nauséabonde odeur. De nouveau l'armure du Génie fut abîmée, et du sang clair apparut, dans un tremblement du corps; car il l'avait touché à la poitrine. Pris de colère le Génie pressa la main davantage, et la tête du monstre fut écrasée dans sa paume. Inerte, le serpent s'affaissa, et tomba sans vie quand le Génie la rouvrit.

Alors il plaça, contre ses deux plaies, où un filet de lumière liquide continuait à fuir, son joyau vert, et une fumée en jaillit, mais il ne cria pas. Et quand il le retira, les plaies étaient closes; le liquide ne coulait plus.

Mais il est temps, chers lecteurs, de laisser là cet épisode, pour renvoyer au prochain, quant à la lutte que le Génie d'or mena contre le robot bleu.

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