Le Père Noël à Bugarach (3)

0000.jpgDans le dernier épisode de ce conte annuel de Noël, nous avons notre récit alors que nous parlions des indécrottables trolls Bug et Arach que Guillaume de Gellone avait enfermés dans le pic qui porte leur nom unifié.

Or, ces dernières années, beaucoup de gens leur ont au moins sacrifié beaucoup d'énergie, et cela leur a rendu de la vigueur. Ils ont pu, dans la muraille jadis dressée pour les contenir, pratiquer un trou, et Bug, notamment, a pu y faire glisser un de ses doigts, qu'il a fort longs. Ce doigt s'est allongé, allongé, allongé – et, tel un tentacule fin mais solide comme un câble, il s'est enroulé autour du traîneau du Père Noël, et l'a attiré jusqu'au mur, tout près de l'ouverture, où ensuite lui et Arach ont essayé de le faire passer, pour le piéger à jamais, et le dévorer, s'emparer de ses cadeaux et de son feu vital – et redevenir par là les dieux qu'ils étaient dans les temps très anciens, à l'époque où on les adorait, et où on leur sacrifiait des êtres humains!

Cela a été dur, pour le Père Noël, son traîneau a beaucoup tangué, ses rennes ont été plusieurs fois blessés. Et lui-même a fini plaqué contre la paroi du pic de Bugarach, et le doigt de Bug, s'enroulant autour de son cou, s'est employé à le torturer, déchirant ses habits, plongeant dans sa chair, y creusant des trous grâce à son ongle acéré, y faisant jaillir le sang dont d'ailleurs déjà il se nourrissait, grâce aux petites dents dont étaient munis ses maudits pores, horrible chose à dire. Et Bug finit par pouvoir faire passer un deuxième doigt dans le trou, et avec, le déroulant et l'étirant de façon démesurée, il saccagea les cadeaux, captant de sa bouche énorme, collée près du trou, les effluves d'amour dont les elfes du Père Noël les avaient remplis, en les préparant. Puis il tourmenta les rennes de la même manière, se nourrissant de leur peur et de leur souffrance, de leur sang et de 0000000000000.pngleur vie. Il était infâme, on ne peut pas trouver d'être qui le soit davantage.

Pendant ce temps Arach n'était pas en reste, car par l'ouverture pourtant petite et presque entièrement bouchée par les deux doigts glissés de son frère Bug, il jetait sur saint Nicolas des paroles fielleuses, injurieuses, immondes, faites pour le désespérer, l'humilier, le meurtrir – car il connaît cet art, le bougre.

Tout cela, je dois le dire, m'a été dit en rêve par Guillaume de Gellone lui-même – le très saint protecteur de la haute vallée de l'Aude et de tout le Languedoc, qu'il a jadis sauvé du mal. Encore aujourd'hui veille-t-il sur le pays depuis le véritable sommet de Rennes-le-Château, invisible pour les yeux; car, là, se tient un château éthérique, fait de pierres précieuses essentialisées, une sorte de loge tissée de rayons d'astres, et c'est dans sa salle d'arc-en-ciel que se tient Guillaume à la façon d'un ange, mais d'un ange couronné, d'un roi!

Mais il est temps, chers lecteurs, de laisser là cet épisode, pour renvoyer au prochain, quant au sort douloureux du Père Noël en la dernière et récente nuit de Noël.

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