CLXXIX: l'effroyable échec des policiers

000000000000.jpgDans le dernier épisode de cette série brutale, nous avons laissé un robot géant bleu alors qu'il dévastait la rue Reynouard, à Paris, et que peu de héros étaient accourus pour aider les gens, Jean Levau, double terrestre du Génie d'or, restant une magnifique exception.

La police, de son côté, était arrivée rapidement sur les lieux et, tâchant d'abord de se frayer un chemin dans la foule en fuite et de mettre à couvert les personnes blessées – de les recueillir et de les confier à des pompiers et des ambulances –, elle se mit bientôt en position, et commença un combat qu'elle crut pouvoir être à son avantage. 

Mais il ne se passa guère de temps avant qu'elle ne s'aperçoive tristement que la victoire serait évidemment pour l'ennemi! Car de leurs pistolets et fusils les agents tirèrent sur le monstre métallique une nuée de balles, mais aucune ne put lui faire le moindre mal. Toutes rebondissaient sur sa peau d'acier, touchant même des fenêtres et des murs de part et d'autre, certaines revenant même vers les policiers pour les raser. Ils les entendaient, sifflant à leurs oreilles. Et on dut arrêter cette attaque quand une balle qui avait rebondi toucha à la jambe un ordinaire fuyard, provoquant une blessure heureusement sans gravité. Un policier s'élança pour le recueillir et l'emmener vers une ambulance, et cela provoqua l'arrêt des tirs, qui ne reprirent pas.

Alors le monstre tourna la tête vers eux et jeta de ses yeux deux rayons de feu, qui atteignirent les camions blindés derrière lesquels, craignant une riposte, beaucoup de policiers s'étaient réfugiés. Et deux furent rompus et enflammés, par la force du jet. 

Trois policiers furent blessés, dont un grièvement, et les autres s'enfuirent, avant même que la retraite eût été annoncée. Il ne restait plus, devant le grand robot, qu'un camion de pompiers. Et il était conduit par Jules Dosat, un courageux caporal né en Aquitaine, et devenu pompier de Paris pour venir en aide aux habitants. Il descendit du camion et, au lieu de s'enfuir, voulut essayer quelque chose; car il s'empara de la lance d'incendie, et projeta l'eau sous pression sur le géant de fer. Il espérait le ralentir, apparemment.

Et le robot, en effet, s'arrêta. Des interstices entre ses plaques et tiges de métal articulées accueillaient-elles une eau qui gêna ses circuits électriques? Toujours est-il que les yeux lumineux du monstre clignotèrent, grésillèrent, et que les membres firent des mouvements saccadés.

Mais un circuit de secours dut prendre le relais, car l'instant d'après le monstre fut pris d'un tremblement, et ses yeux se rallumèrent et ses mouvements redevinrent fluides, et il ramassa une voiture automobile de la marque Peugeot, garée le long du trottoir, et de ses deux mains la lança sur le camion de pompier et le courageux caporal. Celui-ci eut à peine le temps de s'écarter, et la voiture tombante l'évita. Mais il ne demanda pas son reste, et s'enfuit à son tour.

Alors la gendarmerie d'élite fit son apparition. Des hélicoptères bruyants se montrèrent, et des blindés plus lourds. Et des mitrailleuses entrèrent en action, et le monstre parut gêné, mais il se saisit d'une autre voiture, et la lança sur l'hélicoptère de combat le plus proche, et il s'effondra dans une gerbe de feu, ne 000000000000000000.jpglaissant aucune chance à ses occupants de rester en vie. Prudemment, l'hélicoptère qui le secondait s'éleva dans les airs, et s'éloigna.

Pendant ce temps, depuis une voiture blindée une roquette fut lancée sur le monstre, atteint au genou. Une explosion eut lieu, créant une abondante fumée. Mais l'instant d'après le robot surgit de cette fumée, intact. 

On lança des missiles plus gros, et le monstre d'acier, vif et fort, les écartait du bras avant que la pointe ne le heurtât. Ils continuaient leur route vers les immeubles derrière, où ils creusaient de profonds trous; ils en firent même s'écrouler un, touché aux fondations. De nouveau on s'arrêta, et on recula.

Mais il est temps, chers lecteurs, de laisser là cet épisode, pour renvoyer au prochain, quant à la suite de cette effroyable histoire.

 

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