CXXXII: l'apparition de la bulle protectrice

000000000000.jpgDans le dernier épisode de cette série dantesque, nous avons laissé le robot bleu de Fantômas alors qu'il dévastait l'avenue Kléber, où il venait d'entrer.

De nouveau les forces de l'ordre commencèrent à reculer et fuir, malgré les ordres vociférés des supérieurs, et on entrevit qu'il faudrait bientôt évacuer le président de la république et ses ministres pour les mettre hors de danger et ne pas laisser le pays sans direction. Déjà la garde républicaine s'affairait. Et ceux qui ne s'occupaient pas de protéger le Gouvernement s'employèrent à ralentir dans sa marche la bête de métal, sans rien faire de mieux que les précédents.

C'est alors que, dans les airs, le Génie d'or apparut!

Il fut vu de la façon suivante, par les policiers et les témoins restés sur les lieux: une boule de lumière aux reflets verts entourait une ombre aux reflets dorés et traversée d'éclairs bleus, et on ne reconnaissait que difficilement un homme, au sein de cette sphère flamboyante.

On la voyait cependant avancer, dans les airs au-dessus de Paris – et sa beauté étonna, stupéfia, émerveilla, et la lenteur aussi de son vol, comme si elle pouvait s'appuyer sur l'air sans utiliser la vitesse, et sans qu'aucun bruit vînt d'elle. De fait, un grand silence se fit, quand cette boule apparut, comme si le temps s'était arrêté.

Et bientôt on put voir, dans cette boule lumineuse, le Génie d'or tel qu'il était d'ordinaire – sorte de chevalier futuriste, casqué, constellé de voyants qui luisaient et qui étaient peut-être des pierres précieuses, et semblant suspendu à un bâton doré et étincelant qu'il tenait d'une main au-dessus de lui et qui semblait le tirer et le maintenir au-dessus du sol. Le bâton seul semblait 0000000.jpgparfaitement rempli de force divine, et brillant de l'éclat des astres. Épée, fusil, canne, on ne savait de quoi il s'agissait; mais cet objet rayonnait de puissance.

Et là où auraient dû se trouver les yeux de cet être se trouvaient deux vives lueurs bleues, arrachées à son heaume noir.

Or, ce qu'on avait d'abord pris pour une ombre informe et fluctuante fut bientôt reconnue comme une cape noire à l'extérieur, dorée à l'intérieur, comme si la lumière qui le ceignait et le suivait était effectivement entourée d'une sorte de couche de ténèbres – d'une brume noire repoussant curieusement l'air ordinaire, imprégné de lumière et de jour. Car la clarté qui émanait de l'intérieur de la cape avait assurément une autre origine et rappelait, comme la canne volante, l'éclat des étoiles, tel qu'il luit la nuit. Étrange phénomène, impossible à décrire autrement, sans tomber dans la fausseté.

Et cet être étrange avança, et ceux qui le virent, notamment les policiers et les soldats, se demandèrent s'il s'agissait d'un fantôme, d'un extraterrestre, d'un dispositif technologique inconnu ou d'une apparition, mais il s'agissait simplement du Génie d'or, du gardien secret de Paris, de l'ange de la lune préposé à la garde de Paris qui avait pris forme humaine grâce aux projections psychiques de Jean Levau, son alter ego. Il s'y mêlait, en effet, des atomes de matière, qui avaient fini par lui donner un corps, bien que ce corps restât essentiellement éthérique, et ne fût qu'à demi épaissi dans le monde physique!

Sa puissance n'en était pas moins grande.

Mais il est temps, chers lecteurs, de laisser là cet épisode, pour renvoyer au prochain, quant à la suite de cette étrange histoire.

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