CXCI: une attaque de l'Intermonde

00000000000000000.jpegDans le dernier épisode de cette effrayante histoire, nous avons laissé le Génie d'or, gardien secret de Paris, alors qu'il faisait face à un monstre s'efforçant de sortir de l'Intermonde pour l'attaquer et envahir Paris.

L'être se détendit, et sauta sur le Génie d'or, l'enveloppant tout entier sous son corps pesant. On ne savait s'il avait des bras ou des tentacules, tant il était informe, et flou de contours.

Mais une vive flamme bleue surgit de sous le monstre.

Elle émanait des yeux du Génie d'or. Il avait déchaîné brusquement sa puissance. Laissé partir les rayons étonnants de ses yeux, afin d'écarter de lui la présence noire. 

Si les bords de cette clarté étaient bleus, son centre était blanc: si puissant était-il! 

Plusieurs mortels en furent éblouis, se trouvant dans les parages. Ils ne virent plus rien, durant un certain temps, et des étoiles piquetaient l'intérieur de leur regard. Ils se prirent le visage dans les mains, effrayés de devoir rester à jamais aveugles.

Mais l'épaisse et mouvante forme qui pesait sur cette lumière, ombre épaissie étreignant le Génie d'or, sembla repoussée, sous l'élan de cette clarté soudaine, et même basculer en arrière. Et on vit l'armure dorée du génie de Paris surgir de sous les 0000000000000.jpgténèbres, et ce fut un soulagement pour tous les Parisiens. Car leur cœur était, sans même qu'ils le sussent, liés à cet être lunaire, et ce qui lui arrivait était vécu par eux en rêve, ou en vision – et même quand leurs perceptions sensorielles dominaient assez ces images pour qu'ils n'en fussent pas conscients, elles parlaient à leur âme, assurément. Le Génie d'or était debout, droit, et un reste de lumière, ainsi qu'une étrange vapeur, s'élevait de ses yeux étoilés. 

Son bras droit n'en restait pas moins tenu par un tentacule fort, enroulé plusieurs fois autour. Il était solide et dur comme un câble, et la bête à laquelle il appartenait n'avait pas reculé assez pour devoir desserrer toute son étreinte: elle n'avait pas été assez vaincue pour lâcher prise. Le génie de Paris ne put donc prendre aucun envol: il restait lié à son prodigieux ennemi. 

Il essaya de se dématérialiser, comme il en avait le pouvoir et l'habitude, mais la fumée bleue qui sortit alors de lui, qui monta de ses épaules, ne fut nullement suivie d'une évaporation complète: il y eut un tremblement, autour du Génie d'or, mais celui-ci demeura bien solide, le bras entouré du tentacule. Cela lui était déjà arrivé: nous le savons. Ce tentacule était assez enchanté pour le maintenir dans cet espace, où il se trouvait à présent. Le monstre l'avait délibérément maintenu ferme, pour cette raison.

Mais il est temps, chers lecteurs, de laisser là cet épisode, pour renvoyer au prochain, quant à la suite de cette bataille terrible.

Commentaires

  • C’est une bataille entre le bien et le mal, Rémi, admirablement bien racontée, et où le bien ne s’en laisse pas conter, car dans tous monstres, il y a un Génie d’or qui dort en lui.

  • Merci infiniment cher David. Il est vrai que dans l'âme noire un éclat d'or est caché, et ne demande qu'à se révéler, à se libérer. C'est l'histoire d'une âme, que ce récit présente, aussi. Il s'agit du voyage onirique d'un homme au pays des vivantes forces morales qui sont en lui. Un homme rêve cette bataille, et son nom est Jean Levau.

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