CXCII: la réplique à l'Intermonde

000000000000000.jpgDans le dernier épisode de cette effrayante histoire, nous avons laissé le Génie d'or, gardien secret de Paris, alors qu'il faisait face à un monstre qu'il avait repoussé, mais qui tenait toujours son bras par l'un de ses tentacules noirs.

Don Solcum Malodorn saisit le tentacule de la main gauche, mais il eut tôt fait de s'apercevoir que, tendu à l'extrême, et dur comme rien au monde ne l'est, il ne pouvait être ôté de son bras, même sous le poids de sa propre force prodigieuse: sa seule main gantée n'y suffisait pas. Aussi lâcha-t-il son sceptre et, le recevant avec le pied, le fit voler jusqu'à sa main gauche. Actionnant un mystérieux mécanisme (qui peut-être n'était que sa pensée transmise à l'esprit du bâton), il fit jaillir un feu vert d'énergie dense vers le monstre afin de le maintenir à distance – bien qu'il eût déjà jugé que cela ne suffirait pas non seulement à le vaincre, mais même à lui faire lâcher prise: il ne le faisait que pour le déséquilibrer, et l'éloigner brièvement, le temps de faire étinceler son bâton enchanté de sa force stellaire, et de l'abattre de toute la vigueur de son bras libre sur le tentacule oppresseur.

Celui-ci alors ploya, et on entendit un soupir douloureux dans la gorge du monstre. Mais il ne rompit pas. Le Génie d'or réitéra son acte – et même plusieurs fois, et un éclair jaillissait à chaque coup de son bâton cosmique, dépositaire sur Terre de la puissance stellaire! 

Et pourtant le bras du monstre restait ferme sur lui, et ne lâchait pas prise. Tout au contraire resserrant son étreinte, il pressait le bras du Génie d'or à un tel point que le double de Jean Levau le sentait se meurtrir, et l'os, que baignait son corps astral, tendu à l'extrême était sur le point de se briser. Il y avait pourtant mis, lorsqu'il l'avait créé du propre corps de Jean Levau dédoublé par sa force psychique, toute la pureté luisante de la Lune, dont il était venu sous forme de corps d'énergie, et même quelques traits dorés du Soleil et colorés d'autres étoiles, afin de le rendre plus ferme qu'aucun corps né de la Terre. Mais la puissance 00000000000 (3).jpgformidable du monstre annulait assurément ce bel effort.

Afin d'éviter l'imminente fracture de son bras, il ferma les yeux, se concentra, et par la force de sa pensée conduisit l'énergie de son bâton jusque dans cet os, imprégnant la moelle de flamboyance, et faisant étinceler ce bras aux yeux de tous, l'entourant d'étincelles étonnantes, souvent colorées différemment. Ainsi son bras acquit une force à la mesure de celle du tentacule maudit, et put résister victorieusement à sa pression. Et le monstre sut que le Génie d'or avait ses propres ressources, venues d'une autre direction que les siennes, mais pas moins profondes, et susceptibles de faire du gardien de Paris son égal, aussi surprenant cela fût-il pour lui, qui se croyait d'une plus haute origine.

Cependant le temps qu'avait pris cette opération permit à Bolityïn de mouvoir son tronc en direction du Génie d'or et, bien que l'éclat qu'il avait reçu – pur et étoilé – lui eût fait profondément mal et l'eût affaibli – bien qu'il eût encore peur, désormais, de l'éclat rouge qui rayonnait de l'agrafe pectorale du fils de la Lune, de l'éclat bleu qui émanait de ses yeux effrayants, de l'éclat jaune qui scintillait sur son armure dorée, voici, il s'avança d'un coup, pour saisir les autres membres de cet adversaire de ses autres tentacules, et tâcher de l'avaler en commençant par la tête: car ainsi espérait-il le manger, le détruire – et le vaincre à tout jamais, maudit soit-il!

Mais il est temps, chers lecteurs, de laisser là cet épisode, pour renvoyer au prochain, quant à la suite de cet effroyable combat.

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