Captain Córsica - Page 5

  • Captain Córsica en images (3)

    Oyez, oyez! L’excellent Régis Dabol a continué à créer de superbes images pour  évoquer plus directement que par écrit le combat de Captain Córsica contre l’horrible monstre de Fukushima, Acalcor.
     
    Dans la première image, on voit le héros mal en point, dominé par l’effroyable créature:

    14.jpg

    Dans la deuxième, on assiste à un étrange mystère: alors que le monstre s’apprêtait à broyer entre ses mains puissantes le vaillant héros, une grande lumière surgit, qui semble venir d’en haut, et qui se répand sur le Captain et éblouit Acalcor:

    15.jpg

    Il s’avère ensuite que le génie de la Corse est rempli d’une énergie sublime, qui lui a été donnée comme une grâce, et qu’il est trop flamboyant pour que même ce monstre ignoble, fils d’Ortrocos, génie du néant stellaire, puisse encore le tenir:

    16.jpg

    Et le plus extraordinaire, c’est que Captain Córsica ensuite rassemble entre ses mains cette énergie véritablement divine et la jette sur le monstre, qui évidemment ne peut plus rien, et est vaincu:

    17.jpg

    Ensuite il ira précipiter la créature affaiblie dans la mer, où elle sera enchaînée dans un gouffre par les Tritons, que notre héros connaît grâce à sa mère, partie vivre parmi eux: des liens seront placés sur ses membres, qu'il ne pourra pas rompre, un puissant charme les fixant sur lui. Un anneau planté profondément dans un rocher et auquel la chaîne luisante sera rattachée le fixera à jamais dans ce lieu maudit, semblable à une caverne. Ce sera la fin de l'histoire de Captain Córsica contre le démon Acalcor, jusqu'au jour où ce dernier parviendra à rompre ses chaînes - celui de la fin du monde. Dieu sait si alors le héros pourra survivre; car ce sera l'heure où les immortels eux-mêmes mourront!
  • Degolio XXXII: l’attaque des Cybernanthropes

    future-cyborg_tn2.jpgDans le dernier épisode de cette brutale série, nous avons raconté comment le chef des Cybernanthropes, F1C, s’était jeté sur le Génie d’or tout en lançant deux petits missiles de sa main droite vers Captain Corsica, qui en avait évité un mais avait pris l’autre sur la poitrine - ce dont, grâce à son pouvoir, il avait guéri rapidement.
     
    Le voyant foncer vers lui le poing brandi, le Génie d’or évita son attaque en sautant - et, alors qu’il était encore dans les airs, il jeta son bâton luisant, s’en servant comme d’un javelot. Or, il transperça l’homme-machine par le dos, le blessant mortellement de ce premier coup! Le cybernanthrope tomba à terre dans un énorme fracas - et, le voyant ainsi rouler au sol, percutant voire brisant plusieurs meubles métalliques qui s’y trouvaient, Fantômas fut stupéfait de le voir aussi rapidement vaincu. Un éclair avait jailli au moment où l’arme l’avait percé de part en part - et il crut même entendre un coup de tonnerre!
     
    Car ce bâton, il faut qu’on le sache, avait été taillé dans l’arbre divin du pays immortel; on en avait coupé une branche, pour le bâtir. Et il se nommait Astalcän - ce qui revient à dire, dans la langue des génies, doigt du dieu. Comme pour le fusil de Captain Corsica, un esprit l’habitait; il contenait le feu des étoiles!
     
    F1C, qui comme homme s’était appelé Robert Paliard, vit alors sa vie partir en même temps que son sang et l’huile de ses rouages en fer.
     
    Un instant surpris, les quatre autres s’arrêtèrent, hésitèrent, puis, entendant leur maître pousser un horrible cri de colère, ils se reprirent, et s’élancèrent tous en même temps sur le sage Solcum.
     
    Ce fut leur erreur; car, de près, et sans leurs traits de feu, ils ne lui étaient pas supérieurs, comme ils le croyaient - et ce, malgré leur force énorme. Sa vivacité, son agilité étaient sans égales, même s’il était diminué par le sortilège qui pesait toujours sur lui dans l’antre de Fantômas et l’empêchait de se 3051468455_1_3_plIrE9VP.jpgtéléporter à volonté. Les chances des cyborgs étaient d’autant plus réduites que Captain Corsica s’était à présent remis de sa blessure.
     
    D’abord, le Génie d’or dut subir, apparemment impuissant, l’assaut terrible de ces mécanoïdes à face d’hommes, qui le bourrèrent de coups de poing à mettre en miettes les os d’un homme ordinaire; mais s’il reculait, il encaissait sans faillir, gardant les dents serrées, les yeux fermes, la stature droite. Quand il semblait qu’un endroit de son corps était enfoncé par le poing d’un ennemi, on le voyait bientôt se reformer, redevenir plein, comme si une énergie formidable tissait en permanence l’ensemble de son enveloppe physique.
     
    Bientôt néanmoins acculé contre la paroi rocheuse qui s’élevait derrière lui, il vit les quatre cyborgs, comme mus par une volonté unique, s’apprêter à lui lancer leurs missiles à bout portant - les uns par la main, les autres par le buste, les derniers par la crâne, selon l’endroit qu’avait choisi Fantômas pour placer le canon de leurs traits terribles.
     
    Ce qu’il advint alors ne pourra être dit qu’une fois prochaine.

  • Degolio XXXI: la bataille des Cybernanthropes

    tv4.jpgDans le dernier épisode de cette ébouriffante série, nous avons évoqué les véritables origines de Fantômas, afin de bien expliquer pourquoi ses cinq cyborgs lui étaient voués corps et âme.
     
    Il savait, en vérité, qu’ils ne seraient pas assez puissants pour arrêter nos deux héros, dont il connaissait la véritable nature. Il leur en faudrait bien plus, pour les vaincre! Eux n’étaient pas réellement des hommes, quoiqu’ils en eussent l’apparence - soit qu’ils l’eussent reçue au cours de leur enfance, soit qu’ils l’eussent choisie pour mieux intervenir sur Terre. Ils étaient des génies au sens propre, antique. Ils tiraient leur puissance du Ciel - et elle demeurait supérieure à celle qu’il avait pu emmagasiner dans ses hommes-machines.
     
    Il n’en espérait pas moins gagner du temps, et rejoindre ainsi sans dommage sa base de Paris, encore en construction, mais destinée à devenir immense, invincible, avec en son sein des êtres encore plus grandioses que ses Cybernanthropes, encore plus surhumains! Et qui, cette fois, auraient la puissance d’abattre le Génie d’or, qui ne serait sans doute pas secondé par Captain Corsica, resté sur son île.
     
    Or, ses cinq cyborgs avaient eu, à l’origine, des noms qui leur étaient propres; mais il leur en avait donné de nouveaux, faits de nombres et de lettres. Ainsi réduits à des sortes de formules chimiques, ils semblaient toucher à l’essence de la matière - mais c’était là pure tromperie, pur mensonge. Ils avaient perdu par ce biais leur personnalité! Car ils s’appelaient F1C, F2C, et ainsi jusqu’à F5C. F était pour Fantômas, C pour Corse. Ces noms - si on peut les appeler tels - étaient écrits en blanc sur leur sein gauche en lettres régulières, mécaniquement créées.
     
    F1C était le chef; il portait au sein droit un insigne rouge, qui le montrait, et qui avait une forme ronde. Grand, large, il pouvait jeter de ses yeux des rayons dévastateurs, et ses doigts contenaient de petits
    missiles. Il volait grâce aux jets de feu de ses pieds - et, grâce à son squelette renforcé, il possédait la force de v1382182_614695181907570_1828075283_n.jpgingt hommes. Il s’élança le premier. Captain Corsica fit partir un nouveau coup de feu de son fusil, qui rebondit sur son plastron d’acier: Fantômas l’avait doué d’une vertu incroyable, renforcé au moyen d’un fer météorique!
     
    À son tour il fit partir, en plein vol, deux missiles de sa main droite, et Captain Corsica put n’en éviter qu’un - qui alla exploser contre la paroi de pierre, derrière lui. L’autre le toucha de plein fouet. Malgré son costume qui le protégeait (car il avait été tissé dans les salles de Cyrnos par des fées aux doigts purs et, quoiqu’il n’en eût pas l’aspect, il possédait les vertus d’un haubert), la partie humaine de son corps saigna, et une déchirure apparut dans ses mailles, à la poitrine droite. Cependant, sa partie divine eut tôt fait de guérir la plaie; elle se referma à vue d’œil, si son costume resta déchiré. Il en fut quitte pour une atroce mais brève douleur.
     
    Il n’en fut pas moins retardé: l’attaque, si elle n’avait pas été meurtrière, laissait son ami le Génie d’or seul face aux cinq monstres, et en particulier à F1C, qui se précipitait vers lui.
     
    Ce qu’il advint alors ne pourra néanmoins être dit qu’une fois prochaine.

  • Captain Córsica en images (2)

    Après le précédent éventail d’images de Captain Córsica, Régis Dabol s’est remis au travail pour nous offrir le plus beau des reportages sur ce superhéros méconnu. La première planche représente à la fois une étape du héros sur le chemin du combat et son engagement dans celui-ci. D'abord il s’arrête auprès d’un poulpe géant dont il a appris qu’à la grande surprise de la population il s’était échoué sur une plage puis il fonce vers l'ennemi:

    06-07-08.jpg

    La suite est expliquée dans les cartouches mêmes:

    09-10-11-12.jpg

    Pendant ce temps, Captain Córsica et Acalcor continuent leur bataille féroce:

    13.jpg

    La suite dans un prochain article, peut-être!
  • Pèlerinage de sainte Julie à Nonza

    Nonza-village-1.jpgDurant mon voyage en Corse, je suis allé à Nonza, sur la côte occidentale du Cap. Un village légendaire pour ses galets noirs - et aussi parce qu’il abrite le souvenir de sainte Julie, une des patronnes de l’île, avec sainte Réparate et sainte Dévote.
     
    J’aime Julie parce qu’elle est accompagnée d’une légende: comme elle ne voulait pas sacrifier aux dieux de Rome, le gouverneur lui fit trancher les seins, qui furent jetés par-dessus la falaise - et, à l’endroit même où ils tombèrent, naquit une source miraculeuse, à même de guérir maintes maladies, de rendre jeunesse et vigueur aux vieux corps, et qui toujours ruisselle.
     
    Le culte rendu à sainte Julie s’accomplit dans une église baroque de style génois, colorée à souhait; sa statue est vermeille et dorée, et lui donne l’air d’une fée. Une autre sainte porte sur un plateau ses yeux, comme si elle pouvait les détacher et les plonger dans le mystère pour y distinguer les formes grandioses de la divinité.
     
    On peut également se rendre à la fontaine magique, abritée aujourd'hui d'un édifice assez récent, en descendant quelques marches en contrebas de la route, sur le chemin de la plage. Je m’y suis rendu, et ai bu de son eau en rendant grâces à la sainte qui brille dans le ciel, parmi les astres! Je lui ai demandé de m’aider à régler quelques soucis de santé: puisse-t-elle m’avoir entendu! 
     
    69562_10202214305453517_1743151749_n.jpgNaturellement, sa vie enseigne surtout le courage: il est un moment où à la pureté de ses pensées il faut être prêt à sacrifier beaucoup.
     
    J’ai ressenti la même chose qu’en Asie: dans tout voyage il est une part de pèlerinage; on découvre les portes du monde divin que chaque pays a su se forger dans la nature par l’art. Le culte de saint Julie était simple et populaire, vif, émouvant. Je voulais, en Corse, m’initier aux mystères immortels de l’île!
     
    Des mamelles de Julie coule, dit-on, le lait de la Voie Lactée, et il irrigue le pays, lui donnant force et courage, vitalité, aidant à former les montagnes, à faire fleurir les prés, à faire fructifier les arbres; les bouquetins en bondissent plus joyeusement, les oiseaux en chantent plus gaiement et les vaches en paissent plus paisiblement. Le cœur des hommes en est assaini, l’air en est rendu plus léger!
     
    - Et puis, pour en revenir à ma marotte, l’anneau que porte Captain Córsica au doigt annulaire a la forme des deux seins de Julie, et il en sort des rayons fabuleux, qui consument les ombres maléfiques, guérissent les malades, rendent l’espoir aux déprimés! De couleur bleue, comme si la Lune y avait concentré son feu, il dissipe les sombres créatures des nuits impures - et dans son éclat se voit parfois Julie même, pareille au cristal, ou à l’éclair.

  • Degolio XXX: les origines de Fantômas

    cyborg1.jpgDans le dernier épisode de cette effrayante série, j’ai évoqué les monstres mécanoïdes d’apparence humaine invoqués par leur créateur Fantômas contre le Génie d’or - dit aussi génie de Paris - et Captain Corsica.
     
    À présent, ces cyborgs voyaient les ennemis de leur maître, auquel corps et âme ils étaient voués - dont ils étaient les esclaves. Car leur être profond, depuis leur transformation en hommes-machines, avait été confiné dans des ténèbres immenses, loin des corps qu’il avait autrefois habités. En secret, ils gémissaient de cette prison de noirceur dont ils ne pouvaient sortir - voyant que Fantômas les avait floués. Une autre conscience désormais logeait dans leurs membres, née de Fantômas même - ou introduite par lui depuis l’horreur de l’abîme. Et eux demeuraient impuissants, dans cette zone négative que l’ancien temps nommait les limbes.
     
    S’ils s’étaient mis au service du spectre, autrefois, cela avait été pour l’argent - et aussi parce qu’il leur avait promis d’accroître leur puissance, de devenir des surhommes, d’acquérir les moyens de combler leurs désirs. Ils s’étaient dits qu’ils seraient ensuite assez malins pour s’arracher à l’emprise de leur maître. Hélas, celui-ci était bien trop malin, bien trop rusé pour eux: il avait vu clair en leur âme!
     
    Il était, de fait, de très noble origine. Jadis, qu’on le sache, il avait appartenu à l’une des familles les plus distinguées de Rome: c’est lui qui, lieutenant du général Stilicon, avait eu l’idée d’attaquer Alaric et ses Goths le jour de Pâques, parce qu’ils le fêtaient, étant chrétiens. Rome se sentait trop au-dessus du christianisme pour se soumettre à ses règles: son salut lui semblait celui de l’humanité entière. Ce lieutenant de Stilicon, lui-même, adorait les anciens dieux, était un sectateur de Mithra: il se moquait de Jésus-Christ, et ne croyait qu’au Sol Invictus - lequel il situait au cœur de la Cité.
     
    Alaric avait été vaincu - avant de mettre Rome à sac. Fantômas s’était alors exilé, et, plein de haine et d’esprit de revanche, il avait erré à la recherche de l’élixir d’immortalité - lequel il avait trouvé en se vouant aux puissances des ténèbres. D’elles, il avait reçu son nouveau nom, Itshifal: l’ancien sombra dans l’oubli; lui-même voulut fantômas 2.jpgqu’il fût effacé de la mémoire des mortels, si grand était son orgueil, et, dit-on, il assassina plusieurs personnes qui le connaissaient et le publiaient, et, plus tard, il le fit disparaître de toutes les annales et chroniques.
     
    Son savoir était immense, son intelligence prodigieuse. Phénoménale était sa science des âmes. Entre ses mains les hommes n’étaient guère que des jouets; à sa guise il les maniait, comme des pantins.
     
    Par une terreur sans nom, inspirée par la vision du gouffre auquel il avait couramment accès, avait-il enfoui les conscience qui s’étaient engagées à ses côtés: il les avait rejetées dans les caves du cosmos.
     
    Quant à la force de ses cinq Cybernanthropes, elle était énorme. Une grande part de la science de l’abîme était entrée  dans leurs membres, y plaçant des forces arrachées à la Terre…
     
    Or, la suite de ce récit ne pourra être dit qu’une prochaine fois.

  • Captain Córsica en images

    L’excellent artiste Régis Dabol a mis dernièrement en images plusieurs aventures de Captain Córsica, auquel j’ai consacré ici quelques textes.
     
    D’abord, il a pensé illustrer, en reprenant quelques passages déjà écrits, la vie du héros telle qu’il la mène parmi les étoiles; une planche complète en est sortie:

    ETUDE-10.jpg

    Ensuite, il a représenté Captain Córsica survolant le massif corse et venant au secours du Génie d’or en perçant la montagne du rayon de ses yeux, ainsi que je l’ai raconté en conservant le point de vue néanmoins du vaillant génie de Paris, de telle sorte que Régis Dabol révèle ce qui se passait au-dehors au moment où mon héros s’apprêtait à subir la dévoration de l’araignée géante suscitée contre lui par Fantômas:
    1545783_10201120773438016_767231370_n.jpg
    On remarquera que son costume ne correspond pas exactement à ce que j’en ai dit. Il y a effectivement des variantes, soit parce qu’il en a plusieurs, soit parce que, étant de nature éthérique, il change aisément d’allure selon le regard qu’on porte sur lui: il est changeant, comme les couleurs de la robe des fées.
     
    Régis Dabol a également représenté Captain Córsica dans une aventure non racontée, son combat à New York contre l’atroce Mecanic System - une sorte de conscience diabolique placée dans un corps mécanique, et qui terrorise la population:

    1526399_10201119157037607_1619500829_n.jpg

    Enfin, il s’est lancé dans une aventure plus complexe. Dans la première image (où l’on remarque qu'il a sur son costume une variante de l’emblème corse, ici remplacé par un B pour Bastia), le héros entend le message de sa secrétaire Dévote Réparate-Browne, elle-même en lien avec l'ange tutélaire de la Corse, qui vit à la cour de la Vierge cosmique, dans le Ciel (elle lui prête sa voix):

    1489066_10152060002142420_1190179557_n.jpg

    Elle lui révèle que les fuites radioactives de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, se sont matérialisées sous la forme d’un monstre particulièrement horrible:

    1511319_10201126299656168_159547978_n.jpg

    Qu’on voit encore mieux ici, la vision s’en précisant pour Captain Córsica même: de fait, les messages de sa secrétaire ne sont pas tant formés de mots que d’images qui en disent long:

    1497702_10201126361217707_853011031_n.jpg

    On voit alors Captain Córsica courir vers son vaisseau spatial:

    1510516_10201118057770126_1458965906_n.jpg

    Puis celui-ci, qui a changé de forme (étant fluide et métamorphe, à peu près comme le costume du héros - à moins que, par souci de réalisme, on veuille prétendre qu’il ait plusieurs nefs spatiales, et qu’il en change selon les besoins, ou selon leur état), au-dessus des mers asiatiques:

    1479524_10201128512871497_1280789121_n.jpg

    La suite une autre fois, peut-être! Et bravo à Régis Dabol! On peut dire qu’il est lui aussi un visionnaire.
  • Le vaisseau spatial de Captain Córsica

    Desert Agriates 41 - Plage de Saleccia.jpgEn Corse, l’été dernier, j’ai marché dans le désert des Agriates, qui bénéficie de plages fantastiques - à l’eau sublime, pareille à de la gemme fondue. Le chemin de sable où je cheminais était splendide; le paysage de collines sèches, magnifique.
     
    Mais, dans le ciel, des nuages m’intriguèrent, que je n’avais pas vus auparavant. Ils avaient une curieuse forme circulaire, cylindrique, comme si les forces présentes dans le vent n’avaient rien d'hasardeux - ainsi qu'on s’imagine -, comme si elles obéissaient à la pensée géométrique. Comment l’expliquer? J’eus alors une révélation: ces nuages cachaient un vaisseau spatial - celui de Captain Córsica!
     
    Car il en possède un, qui lui permet de se déplacer plus rapidement qu’on ne saurait le dire d’un endroit à l’autre de la Terre - mais qui lui permet, également, de rejoindre sans peine les étoiles où
    vivent les génies dont il descend, dont son père est issu: car il n’est pas né sur Terre, le brave Cyrnos! Il est né sur une autre planète, pour ainsi dire dans un autre monde, situé dans le Ciel, mais on ne sait exactement où. D'ailleurs nommer un astre spécifique pourrait induire en erreur sur sa véritable nature, qui n'était pas celle d'un être physique. Pour autant, bien sûr, il ne remplissait pasdsc03610.jpg tout l’univers, il était bien lié à un astre particulier! Cyrano de Bergerac disait les génies, ou démons, originaires du Soleil et vivant sur la Lune; Cyrnos était certainement dans ce cas.
     
    En tout cas, Captain Córsica se sert de son vaisseau spatial pour visiter l’espace intersidéral et rencontrer ceux qui y vivent. Il acquiert d’eux un surcroît de science, et y entretient des relations avec des représentants de son peuple; car sur Terre, il est comme en exil. Or, il faut le dire, son vaisseau spatial n’a rien de lourdement matériel: il n’est pas en fer comme ceux des mortels, mais tissé de clarté - pareil à de la lumière solidifiée. Sa substance éthérique peut avoir l'aspect extérieur du métal sans doute ; mais qui luit alors comme de l'or, quoiqu'il n'en soit pas. Il est tissé de ces rayons venus des astres qui pour les génies sont des fils de soie ou d'or et dont ils font des vêtements, des armes, des lampes, des véhicules - et ceux-ci sont bien différents des nôtres: vivants, ils ne polluent pas, ne font aucun bruit, laissent le silence régner ; à peine sent-on à leur passage un léger souffler d'air. Volontiers on les confond avec les comètes, parmi les mortels, et les anciens ont souvent peint ces nefs comme des étoiles que les modernes prennent pour des engins faits de métal physique - alors qu'il n'en est rien.
     
    Serties de pierres précieuses qui flamboient, qui brillent jusque dans la nuit, elles sont d'abord des œuvres d’art! Et pvaisseaux-spatiaux-Mass-Effect-2-science-fiction-485x728.jpgourtant elles font tout ce que font les machines terrestres - et même davantage. Comment en serait-il autrement, puisque, en vérité, c'est sur leur modèle que nous avons inventés nos propres engins? C’est un grand secret du monde céleste.
     
    Bientôt cependant le cylindre de nuages blancs s’étira vers les hauteurs: je sus que Captain Córsica s’en allait pour une visite au cœur des astres! Il rejoignait les siens. Je le perdis de vue. Et continuai mon chemin, songeant à ce que j'avais perçu des mystères du cosmos.
     
    (En cette période de fêtes, je tiens à dire que quand Captain Córsica croise dans le ciel saint Nicolas qui descend sur terre dans son traîneau magique, il le salue joyeusement - ce que l'ange de Noël lui rend volontiers. On m’a même dit qu’il l’aidait et le relayait pour la Corse, ou qu’il transportait la fée qui le représente fréquemment en terres italiques, la soutenait dans ses efforts de tous les moyens qu’il possède: chose véridique.)

  • Degolio XXIX: les Cybernanthropes du Spectre

    996693_10152024343177420_616359949_n.jpgDans le précédent épisode de cette extravagante série, nous avons laissé le Génie d’or (Docteur Solcum) au moment où il venait de recevoir un coup puissant de son ennemi, Fantômas.
     
    Or, celui-ci jadis n’avait été jadis qu’un homme; mais, voué aux puissances de l’abîme, il avait acquis la science qui lui permettait dorénavant d’être pour le moins aussi puissant que les génies: il pouvait désormais affronter Solcum sans crainte!
     
    Pendant néanmoins qu’il s’occupait de le meurtrir, Captain Corsica, de son côté, se remettait de la terrible attaque subie par lui-même, et, bientôt, il put le viser de son fusil ravageur - rechargé par le flux des énergies cosmiques, lesquelles il pouvait capter, concentrer, et projeter en rafales. Or se nommait-il Orcïnder, comme revenant à dire foudre furieuse en langage ogre; un esprit l’habitait, placé en lui par Cyrnos et ses nains ouvriers.
     
    Le héros tira, et l’être qui était dedans cracha son feu, puisé à celui des astres!
     
    Le monstre parvint à l’éviter - si rapide était-il -, et l’éclair ne fit que raser son manteau. Mais des étincelles qui s’en détachaient atteignirent le tissu, et l’enflammèrent.
     
    Fantômas s’en débarrassa, le jeta, et les deux héros virent en leur ennemi un corps absolument noir, mais comme tenu par des fils blancs, en réseau. Cependant, dans ses mouvements, ses membres 480359_10151455058498598_1685915935_n.jpgsemblaient se déformer, comme s’ils n’étaient faits que de fumée: étrange chose!
     
    Or, se voyant face à ces êtres puissants, il s’exclama: Vous croyez que vous allez m’avoir! Hé bien, amusez-vous! Et, d’un cri qui s’acheva en un grand ricanement, il fit surgir d’un recoin sombre de son affreuse caverne des hommes semblables à ceux que Solcum avait combattus dans l’avion, mais plus mécanisés encore: ils étaient des sortes de robots, d’hommes auxquels on avait adjoint du métal et du plastique - et leur sauvagerie était inouïe, car ils avaient comme perdu leur âme!
     
    Un ordinateur avait été intégré à leur cerveau pour commander aux mécanismes insérés dans leurs membres; parfaitement coordonnés entre eux, et comme dirigés par une seule conscience, ils étaient pareils aux doigts d’une main - dont ils avaient le nombre. Aussi les appelait-on les Cinq Cybernanthropes du Spectre!
     
    L’appel soudain du démon n’avait, du reste, pas éveillé leur esprit - car ils n’en avaient plus, à proprement parler -, il ne leur avait pas donné un ordre au sens commun du terme, qu’ils eussent été libres de suivre ou non: il avait plutôt déclenché un mécanisme sensible au timbre de sa voix et à certains sons qu’il était le seul à connaître. Alors, spontanément, et pareils à des automates, ils étaient sortis de niches dans lesquelles ils s’étaient tenus jusque-là cachés, immobiles. Si on s’était approché, on aurait pu les voir debout, tels des statues, ou d’obscures sentinelles. Leur entendement, même, ne s’était animé qu’à la faveur de cet appel: sinon, ils étaient comme hors de toute conscience, comme en profond sommeil.
     
    Ce qui s’ensuivit néanmoins ne pourra être dit qu’une fois prochaine.

  • Degolio XXVIII: le retour du Génie d’or

    images.jpgDans le dernier épisode de cette cosmique série, nous avons laissé Captain Corsica au moment où, après avoir sauvé Docteur Solcum appelé par lui le Génie d’or - nom qui durablement lui restera -, il fut frappé du poing par Fantômas - et comme tout contact avec cet être abominé glaçait les âmes, le héros de l’île de Beauté se plia en deux sous le choc!
     
    L’infâme allait lui asséner un second coup dont le brave guerrier eût eu de la peine à se relever, qui eût pu même l’achever - lorsqu’il sentit son bras retenu: notre Génie d’or, la force décuplée par la colère, avait brisé les liens dont l’araignée géante l’avait entravé, puis il s’était élancé, il avait bondi, et avait placé le bâton cosmique qu’il tenait en main devant le poignet du malfaisant - l’arrêtant dans son geste! Solcum s’apprêtait à enchaîner par un coup de son poing propre vers la mâchoire du hideux spectre, mais celui-ci, plus rapide qu’on ne saurait le dire, se retourna, et le frappa de sa main gauche.
     
    Or, la chair du Génie d’or était moins épaisse, plus superficielle que celle de Captain Corsica, jadis nourri au lait d’une femme mortelle; lui n’avait créé que tardivement une enveloppe, pleine d’une énergie bleue qui lui venait de sa nature vraie, et elle ne ressemblait qu’extérieurement à celle que se crée l’être humain lorsqu’il cherche à naître; en vérité, elle était bien plus fine, et c’est à cause de cela qu’il pouvait disparaître et réapparaître à volonté: il s’en débarrassait comme d’un vêtement, et se tissait le même vêtement un peu plus loin, après avoir voyagé sur les ailes de la pensée!
     
    Sans doute, dans son monde propre, dont il était originaire, il avait un visage d’homme, qui était visible à celui qui sait scruter les mystères: derrière son masque, au sein de la lumière d’azur, ses traits d’or po1989ThikseBuddha.jpguvaient apparaître à l’œil véritablement aguerri. Mais, sur Terre, qui eût pu le distinguer? Derrière l’enveloppe qu’il s’était créée, un mortel ordinaire n’eût vu qu’une vague d’énergie bleue dénuée de forme, ou ayant celle d’une sorte de pieuvre dénuée de centre, et il en eût été effaré, se croyant face à un monstre.
     
    Mais il n’en était rien. Sa véritable forme était radieuse; il était beau comme un dieu, pareil à Apollon. La reine de son pays sublime l’aimait profondément, et le tenait continuellement à ses côtés: il était un de ses gardes principaux, son homme de confiance. N'avait-il pas, déjà, alors qu'il était tout jeune, protégé le royaume contre l'ennemi aux côtés du roi son père, qui depuis s'en était allé? Son expérience était grande, à cet égard.
     
    Toujours est-il que sa nature était telle que la main de Fantômas n’eût pas le blesser, le geler, comme elle avait fait pour Captain Corsica, plus intimement mêlé aux mortels. Il ressentit à peine une brise glacée passer dans son corps, et encore ne fut-ce qu’à la surface. Il reçut plus péniblement le choc, cependant, car le spectre hideux possédait une force fantastique, grâce à l’art qu’il avait appris dans les profondeurs de l’Orc: il savait se servir des éléments, et modifiait la densité de son corps à peu près à volonté; il pouvait donc avoir la main extrêmement lourde, pareille à du plomb!
     
    Cependant, cet épisode commence à être long: il faudra poursuivre une autre fois.

  • Une vision de Captain Córsica

    876107.jpgDurant mon séjour en Corse, je suis allé à Corte et ai prolongé ma visite vers la vallée de la Restónica, dont la route est étroite et surplombe des gouffres, de telle sorte que croiser des voitures est toujours un moment intense. Mais le lieu, humide, constamment arrosé, est splendide, et, en plus exigu, en plus petit - mais en plus élancé, plus âpre, plus acéré -, rappelle les hautes vallées alpines. J’ai voulu me rendre à pied jusqu’à un lac accessible facilement, mais cet été, les orages étaient continuels, sur les sommets corses, le printemps ayant été extrêmement pluvieux: la chaleur y créait des nuées épaisses chaque jour, et les éclairs fusaient. Aux rivages, le ciel restait bleu. Des touristes qui descendaient de ce lac ont déclaré qu’il ne fallait pas monter jusqu’en haut, qu’une dame avait eu un bras brûlé par la foudre, et qu’un hélicoptère était en route pour l’emmener. Au reste, il tombait des cordes.
     
    Mais les torrents qui descendaient de pics rocheux aigus et sombres donnaient l’impression de bondir, comme le sang enflammé d’une montagne fiévreuse, et les entassements de rochers me paraissaient eux-mêmes doués de volonté propre - pleins d’une âme, farouche et noire. Je pensais déceler, derrière leurs abruptes parois, l’ombre de ces ogres que les légendes corses placent au cœur de l’île!
     
    Alors, j’eus une sorte de vision; car, au-dessus de la couronne que faisaient les montagnes, deux nuées distinctes formèrent à mes yeux deux êtres qui s’affrontaient. Elles les cachaient comme un voile, mais ils m’apparurent, dans leurs costumes éclatants! Car, qui l’eût cru? l’une des deux formes - lumineuse, claire - me parut figurer l’auguste, le célèbre, divin Captain Córsica!
     
    Les éclairs jaillissaient de son fusil magique. Et face à lui, répliquant à ses assauts,rainbowindra.jpg un monstre avec des ailes, une sorte de grand démon qui avait aussi une face de singe, lui jetait des balles de feu.
     
    Une nuée était blanche, l’autre était noire. Et je compris soudain pourquoi le tonnerre m’avait semblé pleins de mots inconnus - et les éclairs, ressemblé à des plumes traçant dans l’air des lettres de feu!
     
    Quand avait eu lieu une ou deux joutes, soit la nuée de gauche reculait, dévoilant à mes yeux éblouis du ciel bleu, tandis que la nuée de droite se chargeait d’or; soit cette dernière se laissait envahir par la noirceur, et alors, d’autres éclairs rageurs fusaient!
     
    Cette lutte entre l’ange de la Corse et son mauvais esprit était incessante, semblait ne jamais devoir finir; mais un jour elle s’achèvera, et il faudra que ce soit par la victoire du bien, puisque depuis les étoiles des grâces toujours nouvelles sont déposées sur le front du héros défaillant! De fait, si les monstres d’en bas sont apparemment plus forts, leur puissance est limitée, comme la Terre même.
     
    Par réfraction, l’image de Captain Córsica renvoie à une idée vraie, comme le disait François de Sales de Jésus-Christ scrutant l’être humain comme à travers un treillis. On peut percevoir, en Corse, le héros dans le vent qui souffle, le tonnerre qui gronde, les éclairs qui jaillissent! Chaque lieu a son génie.

  • Degolio XXVII: la justice de Captain Corsica

    The-Phantom.jpgDans le dernier épisode de cette étonnante série, j’ai laissé Captain Corsica face à la gigantesque araignée qu’il combattait sous l’Alcudine, en Corse, alors qu’il venait de la blesser deux fois gravement.
     
    Il s’écria: Tu croyais que les monstres de la Corse resteraient invulnérables, face à son immortel gardien? Contre moi ton pouvoir est inopérant, ô démon! J’ai appris de mon père le secret d’abattre tous les esprits mauvais du pays. Tu ne peux me prendre par surprise comme tu l’as fait de ce héros venu de Paris, et qui ne connaît pas tes ruses! Qui ne saisit pas en profondeur l’esprit qui t’anime! 
     
    Par le pouvoir des dieux je commande aux éléments dont cette île est constituée; or, quoique tu sois plus vieille que Cyrnos même, tu es contrainte, quand tu te manifestes dans son royaume, de te plier à ses lois; usant de sa matière, tu dois en suivre les principes, et j’en ai justement reçu la garde! Et c’est pourquoi, si ce noble justicier parisien - qu’à cause de son pourpoint nous appelons en Corse le Génie d’or - n’a pu t’anéantir, moi, je puis te barrer le passage et te renvoyer dans le gouffre dont cet affreux Fantômas t’a fait sortir, et faire peser à nouveau sur toi le poids énorme de l’Enclume!
     
    Ayant dit ces mots - au sein desquels le lecteur aura noté qu’il a donné un nom nouveau à notre héros, qui lui restera durablement -, il leva les mains, et la faille qui avait été ouverte par Fantômas, et avait permis à Dicaliudh de s’arracher à l’Abîme, commença à se refermer sur ses membres encore coincés. Elle poussa un cri horrible, à faire se plonger dans l’effroi des peuples entiers, et Fantômas même demeura stupéfait en voyant ce qui se passait; mais aussitôt après il fut mis en colère par la découverte que tous ses efforts allaient bientôt s’avérer vains!
     
    Recule, recule, monstre, dit encore Captain Corsica, et à jamais sois banni de ces lieux! Nous avons assez à faire déjà avec tes filles, qui mordant les hommes les blessent souvent cruellement! Ou avec cet infâme Fantômas qui croit pouvoir devenir maître de cette île avec ses arts immondes! Recule, et disparais, fuis, avant que je ne t’anéantisse!
     
    Alors, la bête commença à reculer, à marquer le pas, tout en gémissant, et bientôt on la vit disparaître tout à fait dans la faille obscure dont elle avait jailli et à laquelle elle était cependant restée accrochée, aisheol.jpegnsi que nous l’avons dit. Puis, cette fissure effrayante se referma. Le monstre était retourné dans son monde propre, l’effroyable royaume de l’Orc! Le lecteur doit savoir qu’il se situe sous la surface de la Terre: il est parallèle à celui-ci, mais dans sa face d’ombre…
     
    À ce moment, Fantômas, fou de rage, bondit vers Captain Corsica et lui donna un coup de son poing fermé: sa force était grande, mais surtout, tout contact avec lui glaçait, gelait, transperçait le cœur de pics de glace. Captain Corsica en ressentit une douleur sans pareille. Il se courba.
     
    Cependant, la suite de ce nouveau combat ne pourra être racontée que dans un prochain épisode.

  • Degolio XXVI: les desseins de Cyrnos

    Chasseurs.jpgDans le dernier épisode de cette bizarre série, nous avons tâché d’expliquer comment Captain Corsica, fils d’un ogre et d’une nymphe, s’était impliqué dans les affaires des mortels, se mêlant de les sauver des maux qui les opprimaient. Son père lui-même lui en avait confié la mission!
     
    Il l’initia aux arts magiques, et lui fit forger une arme. 
     
    Il faut savoir que Captain Corsica était venu à lui avec un fusil de chasse à un coup, que lui avait donné le mari de la femme qui l’avait nourri et qu’il avait longtemps pris pour son père, du temps où il s’appelait encore Pierre Toccoli - nom qu’il conserva lorsqu’il se mêla aux hommes sous l’apparence d’un agent immobilier ordinaire. Car il ne serait pas parti à la recherche du château secret de son père sans moyen de se défendre contre les bandits et les bêtes sauvages. Cyrnos lui prit cette carabine et la confia aux nains de la montagne. Et ils la lui rendirent transfigurée!
     
    Elle étincelait, comme refaite en argent lamé d’or, et les joyaux qui la sertissaient jetaient autour d’eux des feux étranges, rayonnant jusque dans l’obscurité! En particulier, ils s’allumaient en présence d’un monstre des profondeurs, d’un être maléfique. Le pouvoir du fusil alors se déchaînait: l’esprit qui était en lui s’éveillait, prêt au combat!
     
    Cela explique que, dans la grotte de Fantômas, il ait brillé d’un puissant éclat.
     
    Or, Docteur Solcum n’avait pas été le seul à reconnaître ce divin héros: Fantômas fut aussi dans ce cas. Il avait déjà eu maille à partir avec lui! Captain Corsica l’avait chassé du mont Cinto, où i6a00d8341c6c1753ef017ee42ac9b0970d.jpgl avait prétendu installer sa base. Il avait éprouvé la puissance de son fusil aux mille merveilles! Et il était parti se cacher dans le mont Incudine, où il se trouvait désormais.
     
    Sans dire un mot, et plus vite qu’on ne saurait le redire, le gardien secret de la Corse épaula, visa et tira dans l’œil du monstre, lequel éclata, comme frappé par un foudre! Un affreux gémissement jaillit de la gueule immonde…
     
    Ivre de colère, Dicaliudh tenta de s’en prendre au héros, et, dans sa fureur, il oublia Solcum, qu’il lâcha, alors qu’il était toujours pris dans ses liens. Il lança sa patte droite, mais, à ce moment, le fier guerrier de l’île de Beauté, d’une bague qu’il tenait au doigt majeur de sa main gauche, fit jaillir deux rayons bleus: ils partaient de deux protubérances en forme de pommes qui symbolisaient les seins de sainte Julie de Nonza!
     
    La patte noire fut comme saisie dans du feu, et commença à se dissoudre, comme si les rayons étaient de l’acide pur, une eau dissolvante qui guérissait de tous les maux en supprimant les démons, les monstres, le mal!
     
    Mais la suite de cette histoire ne pourra être dite qu’une fois prochaine.

  • Degolio XXV: glorieux fils de Cyrnos

    6a12bd29.jpgAu sein du dernier épisode de cette insolite série, j’ai laissé mon héros, Docteur Solcum, au moment où, s’apprêtant à être dévoré par un monstre, il vit surgir, devant lui, le gardien secret de la Corse, l’insigne Captain Corsica!
     
    Il était, dit-on, le fils de l’ogre Cyrnos et de la dryade Pénélopella. Il vivait parmi les mortels depuis que sa mère l’avait abandonné - ayant été séduite par un prince de la mer, un triton à la beauté radieuse. Il l’avait vue, et l’avait trouvée belle, alors qu’elle marchait sur le rivage; il l’avait appelée de sa douce voix, et, elle, oubliant soudain tout le reste, fascinée par ce son qui venait du large, s’était enfoncée dans l’eau, et à jamais avait disparu.
     
    Le héros avait ensuite été trouvé par une mortelle du village de Borgo qui venait précisément de perdre son fils propre, d’une mort subite. Elle l’avait élevé, et c’est ce qui avait fait de lui un homme parmi les hommes: car il avait d’abord été diaphane, transparent, léger, pareil à une vapeur, mais le lait de cette femme lui avait conféré, aux membres, une épaisseur qui confina à la matière pleine et entière que chaque mortel a dans son corps - lui donnant, ainsi, la force de vivre dans l’espace physique.
     
    Sans doute, il demeurait mince, et fin; mais sa vigueur n’en était pas moins considérable. Il commandait spontanément aux éléments, qui prolongeaient ses gestes: ils saisissaient sa volonté, et accouraient pour l’accomplir, la seconder. Bientôt il put même se faire obéir d’eux par la parole seule, puis par l’œil: tant fut grande sa puissance! Mais cela dépendait, aussi, du volume de matière à déplacer: plus elle est massive, plus la volonté rétive qu’elle a en elle se soumettait difficilement. Même quand l’âme du héros se projetait directement sur les choses pour les conduire à sa guise, il ne pouvait réaliser des miracles absolus: les lois naturelles continuaient à s’exercer. Il n’en est pas, à cet égard, comme certains croient!
     
    Il tenait cette puissance occulte de son père. Dès l’enfance, il l’avait manifestée, attirant sur lui la peur et la haine des autres enfants du village; d’aucuns le nommaient fils du diable, mais d’autres pressentGardien.jpgaient en lui une noble origine, car il était prédisposé à bien faire: il n’utilisait son pouvoir que pour rendre service. Plusieurs fois il sauva des gens atteints de divers maux en posant les mains sur eux et en murmurant des paroles de commandement à l’intention des êtres invisibles qui les avaient infectés. Quoi qu’on le craignît, on éprouvait pour lui de la gratitude, et on mettait en lui de l’espoir: on attendait de lui des prodiges! Il passait pour un mage, et le village était fier de l’avoir en son sein.
     
    Devenu adolescent, sa mère lui apprit les conditions dans lesquelles elle l’avait trouvé - et qu’il n’était pas issu de son sein propre, et que le lait qui l’avait nourri avait été destiné à un autre…
     
    Alors s’était-il mis à la recherche de son père, suivant les signes qui lui semblaient briller dans l’air. Or Cyrnos vivait dans un palais fabuleux, au cœur de la Corse, au milieu des montagnes. Bientôt son fils le retrouva, guidé par un étrange milan noir. Il le vit, assis sur son trône, l’attendant. Il avait été prévenu de son arrivée par ses sentinelles!
     
    Il lui apprit tout ce qu’il devait savoir, et l’envoya accomplir des missions, car telle était la volonté des dieux, et il le savait. Il devait racheter ses ancêtres, qui s’étaient fourvoyés et étaient devenus les ogres détestés des légendes, mangeurs d’enfants et violeurs de femmes…
     
    Ce qui s’ensuivit, cependant, sera dit une autre fois.

  • Degolio XXIV: Captain Corsica

    1185765_433546910089428_1963250160_n (1).jpgDans le dernier épisode de cette dramatique série, nous avons laissé Docteur Solcum, notre héros, au moment où il s’apprêtait à subir le sort atroce d’une dévoration et d’une digestion devant durer plusieurs millénaires dans l’estomac d’un monstre arachnéen effroyable; et nulle issue ne semblait plus possible.
     
    Or, soudain, un terrible fracas se fit entendre. Le sol trembla, et, surpris, le monstre suspendit son geste.
     
    Une pluie de pierres s’affaissa; une toucha même Solcum au ventre. Mais la plupart churent sur la grande Veuve.
     
    Fantômas se retourna, et Solcum s’efforça de regarder en direction du bruit; Dicaliudh fit de même.
     
    Un nuage de poussière brillant, recevant les rayons du soleil, était au-dessus: une ouverture avait été pratiquée dans la montagne! Et bientôt, on vit paraître, au sein de ce nuage, un homme des plus étranges.
     
    Il portait un costume entièrement noir, qui lui était comme une seconde peau, et lui recouvrait jusqu’à la tête: il pénétrait ses oreilles dans leurs moindres parties, en épousant leurs plus fins détails; même les conduits semblaient en être revêtus - sans pour autant qu’ils en fussent bouchés, sans que cela le gênât en rien pour entendre.
     
    Sur son poitrail avait été brodé, en fils dorés, argentés et vermeils, un canon, de la marque Gribeauval: signe de sa puissance; lorsque le mal approchait, cette image étincelait, comme si des flammes cosmiques devaient en sortir: le fût était un lien avec les forces célestes.
     
    Son nez aquilin dénotait du reste une vigueur de volonté unique en son genre.
     
    Curieusement, ses yeux, qui avaient la forme d’amandes, n’avaient pas de blanc; pareils à du charbon, ils étaient un puits vers l’infini, au sein de son visage fermé: mais on y décelait de fins éclats d’or, reflet exact des étoiles. Et quiconque subissait son regard se sentait scruté jusque dans ses tréfonds!
     
    À sa taille, une écharpe de soie bleu azur était attachée par un nœud léger, et laissait pendre ses pans le long de ses cuisses. Sur ses épaules, une capeline blanche flottait doucement.
     
    Or, sa main droite, nue, longue et décharnée - telle était aussi l’autre main -, tenait un fusil encore fumant: et c’était d’un tir de cette arme incroyable qu’il avait fait un trou dans la montagne!
     
    Car à l’origine simple fusil de chasse à un coup, elle avait été refondue totalement par les gnomes des profondeurs sous la direction de Cyrnos, le génie de la Corse; et voici! elle scintillait à tous les yeux. Le canon était être taillé que dans un bloc d’argent lamé d’or et serti de pierreries; une inscription avait été gravée en son sein par ce même Cyrnos, qui lui donnait ses pouvoirs miraculeux: il s'agissait d'une formule magique écrite dans le langage des ogres. Par sa grâce, un esprit l'habitait, qui lui donnait sa force!
     
    steamcon110208_9.jpg
    Quant à la crosse, elle était du bois le plus précieux, taillé dans l'arbre de vie des jardins de Cyrnos - celui dont les fruits rendaient immortel et qui était né de l'arbre de vie du paradis terrestre, aux franges de la Lune: en s'exilant de ce monde supérieur, l'immortel avait emporté la branche qui abritait son ancienne demeure, afin de s'en bâtir une semblable sur Terre; il l'y avait plantée, et il en était né son propre arbre de vie, copie du précédent. Les fruits, les feuilles, les racines, peu à peu, avaient créé, dans la nappe d'éther, une terre, et elle avait pris plus tard le nom de Corse. Mais il s'agit d'une histoire à raconter en détail un autre jour. Toujours est-il que la crosse de ce nouveau héros était faite de ce bois dont est fait celui de l'âme corse, qui est l'essence du pays: sur elle il pouvait s'appuyer lorsqu'il en déclenchait le feu cosmique.
     
    Or, Solcum, dès qu’il le vit, reconnut en lui un homme vaillant qui lui avait été présenté par sa dame, lorsqu’il avait été envoyé en mission sur la Terre: elle avait, par son art magique, crée son image, et donné son nom, lui expliquant qui il était, d’où il venait, et quelle était sa destinée. Car il avait fallu lui présenter ceux qu’il devait craindre, et aussi ceux sur qui il pouvait compter, qui pourraient se révéler de sûrs alliés, dans sa lutte contre les puissances des ténèbres. Il avait en face de lui le propre fils de Cyrnos, du génie de la Corse, qui en son nom la gardait dans le mystère du monde éthérique, et qu'on nommait Captain Corsica!
     
    Or, qui était cet être étrange, et ce qu’il advint ensuite, ne pourra être dit que dans un prochain épisode.